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Historische Dokumente und Autographen

Clermont-Tonnerre, Aimé Marie Gaspard - Militaire et futur Ministre de la Marine et de la Guerre

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Aimé Marie Gaspard de Clermont-Tonnerre - Duc, Militaire et futur Ministre de la Marine (1821-24) et de la Guerre (1824-28). 

Belle lettre autographe à sa ‘petite sœur’. Il était à l’époque aide de camp du général Mathieu Dumas (*1753-†1837). ZARA (Zadar, Croatie), 18 février 1806.

Transciption:

« Ma bonne petite sœur, après avoir traversé toutes la Croatie à cheval par un temps affreux, je suis arrivé ici avant hier a 6 heures du soir, bien portant & satisfait d’avoir vu avec detail & contemplé dans son aspect sauvage cette Siberie d’Europe & ce peuple de soldats, ces apres rochers, ces plaines sur les sommets des montagnes où les fleuves enfermés se frayent un passage à la fin de leur course dans les masses de rochers <...> laissent sans retour ; enfin près de ces sites romanesques & à travers les témoignages des révolutions de la surface du globe, les travaux des grandes communications par lesquelles un gouvernement protecteur essayant pour ainsi dire de forcer la nature, à voulu donner par le mouvement du commerce, a ces contrées infertiles, une prosperité dont elles ne sont pas susceptibles. Je suis ici dans la patrie des Marascquins, & c’est vraiment une faveur de la providence de m’avoir, avant mes nôces, mis à portée de remplacer la bouteille (del Signor Alessandretto, si j’ai bonne mémoire) que ta friandise, aidé de la mienne & de l’indulgence de notre bon père pour un defaut qui pourrait bien ne pas nous être tombé des nues, a peu a peu conduit du tout a la moitié, de la moitié au quart, du quart au vise complet. Mais où est-tu maintenant ? Je n’ai pas eu depuis le temps des etrennes de nouvelles de toi, ni de mon père. Est-tu a Paris dans les plaisirs & les fêtes ? Est-tu pris de ta fille & près de ton mari, jouissant sous les yeux de ton père du bonheur pour lequel ton cœur semble être fait exprès. Non tu n’as pas désiré Paris parce que ta fille est trop jeune encor & tu contes a Radepont des jours qui se ressemblent tous par leur tranquillité, comme tous ses miens par leur agitation. J’etais il y a deux jours dans la neige, il grelait il pleuvait sur moi pendant douze heures de marche a travers les rochers & les hautes forêts dans les regions superieures, aujourd’huy je me trouve au printems, la temperature la plus douce, le plus beau ciel, la verdure déjà vive, entouré d’une mer tranquille, & un port a l’abri des orages, & voyant à la fois un archipel considerable & les monts couverts de glaces & blancs jusqu’a leur pied par les rochers qui leur servent de base, que j’ai passé il y a si peu de temps, dans une ville bien percée bien batu, peuplée mais peu etendue, où l’on trouve encor quelques monuments, & où les respects empressés des Zaratinois passent par moi pour arriver à celui qui represente ici le nouveau dominateur que le sort des armes a donné à leur pays ; donnant enfin audience à des prédicateurs, des avocats, des moines, des artistes, de juges, des financiers, des negociants & enfin à un regiment de Cointes ( ?), tous bonnes gens qui s’imaginent en ce moment que leur sort est en partie dans mes mains & dont le plus devot ne changerait pas, j’en suis sur, ma protection contre la meilleure benediction de notre cousin d’Italie. Telle est ma position d’aujourd’huy, vraiment digne du mardi gras ; malheureusement ces joies sont loin de notre Normandie, je suis a plus de trois cent lieues de ce qui rend les jours vraiment gais & sereins & quand ma sœur lira ma lettre, je serai a coup sur loin d’ici ; mais je crois que je me serai un peu rapproché de toi & que j’aurai revu les côtes d’Italie ; mon general qui y est appellé dans ce moment [le général Mathieu Dumas, chargé de suppléer Lauriston en Dalmatie jusqu’à son arrivée, fin décembre 1805, fut envoyé le 12 janvier 1806 à l’armée de Naples], ne pouvant pas achever ici ce qu’il etait chargé d’y faire, & ce que je regrette beaucoup attendu que c’était une reconnaissance militaire, qu’il était avantageux pour moi sous tous les rapports d’instruction de faire avec un veritable professeur en ce genre.

Je t’embrasse de tout mon cœur, ma bonne petite sœur, embrasse pour moi ton mari, mon pere & ta fille, offres mon respect au petit Maman & au bon Papa

Ton frère & ton ami »

CLERMONT-TONNERRE, Aimé Marie Gaspard de (*1779 – †1865). Militaire et homme politique. Aide de camp du roi Joseph Bonaparte. Colonel en 1808, maréchal de camp pendant la première Restauration et lieutenant général en 1822. Pair de France 1815. Vota la mort de Ney. Ministre de la Marine et des Colonies 1821-1824, de la Guerre 1824-1828.

Lien Wikipédia: Aimé Marie Gaspard de Clermont-Tonnerre

 

Taille et type du document: 22x19 cm, papier. 4 pp. in-4.